Servette Rugby Club de Genève

"Toto" Inciarte, rugbyman en Suisse

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"Toto" Inciarte

Nous vous invitons à découvrir la curieuse histoire de Federico « Toto » Inciarte. L’Uruguayen, ex Ouverture des Old Christians, est parti en direction de Genève en 2014 pour travailler dans une banque. Aujourd’hui, en plus de son job, il joue au Rugby au Servette, une équipe qui dispute la 10ème division de France et qui aspire à grandir et à atteindre le plus haut niveau.

Toto, depuis combien de temps es-tu parti d’Uruguay et que fais-tu à présent ?

Je suis parti d’Uruguay en juin 2014. Je suis venu en Suisse pour des raisons professionnelles.  Je travaille actuellement à Genève dans une Banque privée. Je suis ravi ; je travaille beaucoup mais j’apprends énormément, je grandi en tant que professionnel mais aussi en tant qu’homme. Je n’oublie pas de profiter de la vie aussi. 

Comment s’est présentée la possibilité de jouer au rugby à Genève ?

La vérité est que je ne pensais pas jouer au rugby ici. J’aime aussi le football. Quand je suis arrivé, j’ai atterrit dans un club de foot en milieu de saison. L’ambiance là-bas n’était pas au beau fixe et mes coéquipiers ne m’ont pas reçu avec enthousiasme. J’étais une personne de plus pour se bagarrer un poste déjà très prisé. C’est « El Tormenta » de Posadas (ndlr : joueur de rugby), qui vit à Zürich, qui m’a appris qu’il y avait une assez bonne équipe de rugby qui jouait dans le championnat français. J’ai cherché sur internet et j’ai envoyé un mail à l’adresse générale du club, demandant si je pouvais participer à leurs entraînements. Ils m’ont alors invité à venir jouer pour évaluer mon niveau et pour voir si je pouvais faire partie de l’équipe. L’entraînement s’est plutôt bien passé, ils m’ont alors dit qu’ils voulaient que je continue à venir.

Comment sont l’équipe et le club dans lesquels tu évolues ?

Le Club s’appelle le Servette Rugby Club de Genève. Le Servette est une équipe professionnelle de football et de hockey sur glace. En 2014, ils ont créé une équipe de rugby en faisant une sélection de joueurs français et suisses pour disputer le championnat français. C’est une équipe jeune, ils ont commencé à 8 divisons du TOP 14 mais en ont déjà montées 2. Le projet du club est d’arriver en Pro D2 ou en TOP 14 dans une dizaine d’années. C’est pour ça que, chaque année, ils engageront de meilleurs joueurs et les payeront plus, et moi, je ne serai certainement plus dans leurs plans.

Actuellement, il y a certains joueurs qui ont déjà évolué à un bon niveau. Mais ils ne nous payent pas, juste les déplacements et l’équipement.

Le plus beau c’est qu’il y a une grande infrastructure derrière tout ça ; nous utilisons toutes les installations du football et du hockey. Nous jouons au « Stade de Genève » qui a une capacité de 30'000 personnes et qui est un stade moderne et très beau. Les vestiaires sont ceux de joueurs professionnels et le staff nous traite comme si nous l’étions.

Pour l’amateurisme duquel je viens, c’est quelque chose de très divertissant. Ma femme vient me voir à tous mes matchs, et ils l’invitent en VIP Platine. La troisième mi-temps, dans la lounge du stade, sont aussi très bien.

À côté de ça, on m’a aussi invité à jouer avec les « Switzers Seven » qui jouent dans le circuit européen (Amsterdam, Rome, Londres)  et où d’importantes sélections nationales et de gros clubs sont invités.

Es-tu en contact avec d’autres uruguayens du monde du rugby ?

Ici en Suisse, avec « Tomenta » de Posadas qui vit à Zürich avec sa femme et sa fille. Il nous a beaucoup aidés lorsque nous sommes arrivés en Suisse ma femme et moi. Nous lui avons rendu visite il y a peu  et avons passé un beau week-end tous ensembles.

Aurais-tu une anecdote qui te soit arrivée en jouant ici ?

Il y a quelque chose d’assez spécial qui m’arrive depuis que je suis arrivé. Prononcer mon nom est compliqué pour mes coéquipiers. Federico est un prénom long et assez inhabituel. Ils m’appellent Pedro, c’est plus court et pour eux ça sonne espagnol.

Comment trouves-tu le rugby suisse ?

Le niveau en Suisse est un peu inférieur à celui en Uruguay. Cependant, ils ont de grands joueurs, dont la plupart viennent du côté de la France qui est juste à côté. Le Servette a un assez bon niveau mais comme c’est un club jeune, le niveau du championnat n’est pas aussi bon.

Penses-tu revenir en Uruguay ?

Normalement, je devrais revenir fin juin puisque mon contrat de travail ne dure qu’un an. Mais, ma femme et moi, nous avons envie de rester un peu plus. Tout cela dépendra de mon permis de travail. Les autorités cantonales sont très exigeantes ici. Alors on verra.

Aujourd’hui, le rugby est l’un de tes hobbies, te verrais-tu vivre de ton sport ou ne vois-tu pas cela comme une possibilité ?

Ce n’est définitivement pas une possibilité. Petit, j’ai toujours rêvé de vivre du rugby mais actuellement j’aime beaucoup ce que je fais. Je ne me suis jamais préparé à vivre du rugby et je  ne considère pas avoir le niveau. Pour moi, le rugby est une bonne excuse pour partager quelque chose avec mes amis, voyager un peu, et faire des rencontres.

Qu’est-ce qui te manque le plus de l’Uruguay ?

Ce qui me manque le plus c’est d’être avec ma famille ou mes amis, les samedis soirs interminables, les voyages avec mon équipe, etc. Par chance, je me sens très bien ici, mais c’est très difficile de remplacer la famille ou les amis.

Suis-tu encore les Old Christians à distance ?

Oui je les suis toujours via Twitter, whatsapp et internet. J’ai aussi suivi la qualifications des Teros au mondial, c’était quelque chose de vraiment beau.